Florence Lucas aka Kim

Autoportrait de Florence Lucas    Florence Lucas, alias K.I.M., est une jeune artiste française née à Séoul. Multidisciplinaire, elle a débuté sa carrière en 2004, comme illustratrice et musicienne, créant les jaquettes des disques de Flores Monstrosi, Kim Kong et Miyage, sortis sous le label Tigersushi. Les musiciens Arthur H, Richard Pinhas et Merzbow ont également fait appel à K.I.M. pour leurs propres CD.

La jeune créatrice a très vite remporté d’importantes récompenses, dont les Lions d’Or et d’Argent pour le design et la typographie lors du Festival International de la Créativité Cannes Lion en 2010 et le prix de l’illustration du Club Des Directeurs Artistiques en 2011.

K.I.M. a déjà collaboré avec de grandes marques comme Cacharel, Le Coq Sportif, Yamaha, H&M et Biotherm, ou encore avec le festival Villette Sonique. Elle a dessiné des textiles originaux pour Christophe Lemaire, Agnès B ou Lacoste (automne-hiver 2012). Ses illustrations paraissent régulièrement dans des magazines prestigieux : Les Inrockuptibles, Citizen K, Le Figaro littéraire, Above Magazine, Chronic’art et Standard. K.I.M. a également publié deux livres, Man watching chez Orbe et Le Jardin des supplices d’Octave Mirbeau au Lézard Noir et son travail a déjà été exposé à deux reprises en galeries, chez Orbe à la Rochelle en 2009 et la Galerie La Tour, Paris, en 2011, sous le titre See her change from beauty to beast, qui résume parfaitement l’esprit qui émane de ses travaux, où la beauté devient monstrueuse, se mêle à l’horreur.

Le travail de K.I.M. s’étend donc à des formes créatives très diverses et des supports variés. La jeune femme a su néanmoins développer un style personnel, entre douceur et violence, féminité et angoisse. Elle nous entraîne dans un monde de rêve, parfois proche du surréalisme, non dénué d’humour mais souvent cruel. Très à l’aise avec les diverses techniques du dessin, de la typographie et de l’illustration, avec les outils classiques comme avec des procédés plus technologiques, K.I.M. évolue aussi avec aisance dans des univers aux atmosphères très différentes les unes des autres, des romans fantastiques du dix-neuvième siècle au cinéma d’horreur. Au fil des œuvres, K.I.M. convoque des figures iconiques de notre culture, reconnaissables par tous mais auxquelles elle fait subir d’étonnantes métamorphoses. Tout ceci sans jamais oublier d’interroger en filigrane le statut et la représentation de la femme dans nos sociétés.

( Valérie Douniaux )

 Florence Lucas aka K.I.M. est une thésauriseuse compulsive d’images. Qu’il s’agisse de ses propres clichés (sa série « Time Out » sur Facebook est riche de près de 300 images), des images qui illustrent chacun des morceaux de sa playlist YouTube – la Flokimothèque –, des photographies qu’elle glane sur Internet et qu’elle s’approprie en dessin, son iconographie est pointue, pertinente, cohérente. Chacune de ses images interloque, instille un savant effet d’étrangeté.
Changer le banal en obscène, parer l’ordinaire, l’inoffensif, d’une monstrueuse beauté : c’est à une expérience de nature schizophrène que nous convie Florence Lucas en nous présentant ses dessins. Cette perfectionniste qui se définit comme un « artisan » plutôt que comme une artiste nous enjoint, dans sa froide générosité, à regarder à travers ses yeux. Elle nous force la main dans son imaginaire fécond et nous invite à nous prêter à des jeux d’associations hypnotiques.
Aucune faute de goût dans ce cabinet de curiosités mental qui relève du surréalisme ethnographique. Une collection horrifique, une poétique dans la perversion, chaque dessin est comme un coup de théâtre savamment orchestré qui fait clapoter la surface du réel.

(Caroline Dumoucel)

Florence Lucas exposera avec Théo Mercier à Séoul à partir de Mars 2013 à  The French Haunted House , Song Eun Art Space.

buddha des jardins des supplicescopyright florence lucas

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