« Paysage d’une fenêtre », nouvelle exposition photographique de Megumi Ohguri à Paris

Megumi Ohguri nous présente deux séries de photos, l’une réalisée au Japon et l’autre à Paris :

La première série :

Different dimension - next to the things - Japan

Different dimension – next to the things, est inspirée d’une poésie japonaise :

見えることと見えないこと

あちら側とこちら側

会話に生まれる湿原

空に落ちるマンホール

コンクリートの中の深海

境界の狭間にあるものは?

否、境界などそこにはない

時間は現実を物語る

La différence entre ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas.

Le côté là-bas et celui-ci.

Une plaine marécageuse née de la conversation.

Un regard d’égout qui va vers le ciel.

Un abysse dans le béton.

Quelque chose existe-t-il dans l’extrémité infime ?

Non, là, ni limite, ni rien.

Le temps raconte la réalité.

Oui ou non ? Oui.

Paysage d’une fenêtre , Paris Megumi nous présente également une seconde série, « Paysage d’une fenêtre » :

A première vue, une fenêtre est une chose bien réelle.Pourtant, la fenêtre que je photographie  n’existe pas.
Je m’explique : quand nous regardons un film, nous voyons des images défiler sous nos yeux. Or  pour voir ces images, il faut un écran, un support sur lequel les projeter. Mais il ne faut pas que l’écran, en tant que chose réelle, soit vu pour ce qu’il est. Sa réalité est première, comme condition d’apparition des images du film mais en tant que tel, l’écran doit rester secondaire pour ce qui concerne notre expérience perceptive du film. Car dans l’expérience esthétique du film, seules comptent les images qui défilent devant nos yeux et leur signification.
Pour nous, c’est comme si l’écran n’existait pas.
De la même façon, dans cette série de photographies, il en va de la fenêtre comme il en va de l’écran au cinéma. La fenêtre n’existe pas en tant que chose, elle n’a de réalité que comme condition, comme cadre, c’est l’instrument de la médiation.
Comme toute limite un cadre n’existe pas en soi : il n’a de sens que pour la possibilité qu’il offre à tout le reste, comme forme pure de l’espace. La fenêtre que je photographie figure ainsi la représentation d’un espace au sein duquel la temporalité elle-même se dévoile. Cette temporalité est incarnée par la succession d’événements aussi bien déterminés que fortuits. Et je voudrais que l’on reconnaisse dans cet espace  la totalité de l’histoire humaine. Mais la fenêtre n’est pas pour autant un prétexte ou un artifice : sa réalité architecturale exprime généralement l’extériorité. Une fenêtre donne toujours sur quelque chose d’autre qu’elle-même. Ici, extériorité et intériorité se mêlent en une réalité indissoluble. De même, l’espace ordinaire et habituel de la fenêtre rend visible l’espace comme condition de toute spatialité. Ces photographies sont ainsi la mise en abîme de la fenêtre comme cadre de tout expérience perceptive.

Megumi Ohguri : Quatre séries de photographies de Megumi ont été choisies pour la collection du musée photographique de Kiyosato dirigé par  Eikoh Hosoe. Shangai Art Fair ( 2006-07), Mois OFF de la photo à Paris ( 2008), Gaia Auction (2009)

Du 5 décembre 2009 au 21 Janvier 2010 (Fermeture de la galerie du 24/12/09 au 10/01/10)
Galerie Impressions 98 rue quincampoix 75003 PARIS – à deux pas du centre pompidou – métro Etienne Marcel ou Rambuteau.
Galerie ouverte le mercredi de 18 h à 21 h et le samedi de 14 h à 20 h.

Une sélection de photographies de Megumi Ohguri sur Aziart Artprice


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